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Une politique globale de lutte contre la délinquance


Ecrit le 17 Février 2017 par Véronique Mezille
et illustré par Fabrice Wenger
Une politique globale de lutte contre la délinquance Fabrice Wenger
Tous les acteurs étaient réunis, ce mardi 14 février, dans l’hémicycle de la province Sud, pour participer au CPPD, Conseil provincial de la prévention de la délinquance. Objectif : lutter tous ensemble contre la délinquance.

Au programme de ce CPPD qui a réuni, sous l’égide de la province Sud et du Haut-Commissariat, les représentants de la Police, de la Gendarmerie, le procureur de la République, le président du gouvernement, des représentants des mairies et autres partenaires oeuvrant dans le domaine : le bilan 2016 de la délinquance, les perspectives suite au dernier comité des signataires ainsi que les nouveaux dispositifs en passe d’être mis en place.

Un fait saillant : la délinquance juvénile est en hausse

Le constat est unanime : la délinquance générale est en hausse et se concentre sur l’atteinte aux biens  (61% de la délinquance générale). Car si les vols avec armes restent marginaux, ceux sans violences, les coups et blessures volontaires, dans et hors de la sphère familiale, les cambriolages et les vols de véhicules continuent de progresser. Avec un fait de plus en plus prégnant : la délinquance des mineurs est en hausse constante ces dernières années. En 2016, la part des mineurs impliqués dans la totalité de la délinquance générale représente 27 %, contre 25 % en 2015 et 21 % en 2014. Et 58% des atteintes aux biens sont le fait de mineurs. En lien avec cette délinquance juvénile, les violences intra familiales, également en constante hausse (+39% en 2016), le plus souvent sur fond d’alcool et dont 92% des victimes sont des femmes.

 

Etat, gouvernement, province Sud, toutes les collectivités se mobilisent

Suite au dernier comité des signataires et aux différents rapports, l’Etat a répondu à toutes les sollicitations de la Nouvelle-Calédonie en honorant ses engagements : déploiement d’effectifs supplémentaires  (23 policiers et 30 gendarmes), un cinquième escadron de gendarmerie, constitution de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile (BPDJ) de la gendarmerie nationale depuis le 1er février 2017. Renforcement également des moyens de la justice et de la pénitentiaire (13 postes supplémentaires au sein de la prison de Nouville dont 2 affectés spécifiquement à la sécurité et à la surveillance du périmètre, renforcement des mesures de préparation à la sortie, ouverture du centre pénitencier de Koné, etc.).

Le gouvernement s’investit lui aussi pleinement dans cette lutte en proposant un plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance 2017/2019. Ce plan prévoit notamment un coordonnateur territorial et des financements dédiés ainsi que de nombreuses mesures d’accompagnement, de prévention et de répression. Il sera présenté au Congrès fin mars.

 

Des nouveaux dispositifs

La hausse générale de la délinquance, et celle des jeunes en particulier, nécessite de prendre des mesures fortes. Des nouveaux dispositifs sont ainsi en passe d’être mis en œuvre, avec le soutien de l’Etat et dans le cadre des contrats de développement. Il s’agit, au niveau de la Nouvelle-Calédonie,  du service civique qui comprend notamment un « parcours d’insertion » qui impose l’engagement dans un dispositif d’acquisition de compétences professionnelles et/ou sociales pour tous les jeunes de 16 à 18 ans sortis du système de formation sans qualification, sans diplôme, sans emploi. Il s’agit également de la création d’un Centre d’accueil en Urgence des Victimes d’Agression (CAUVA)  qui permettra une prise en charge spécifique grâce à un regroupement de professionnels dans un lieu unique.

La province Sud, quant à elle, n’a pas attendu pour agir. Ainsi, l’adoption des mesures de lutte contre la consommation excessive d’alcool ; la mise en place de l’accueil, dans certains services, et dans des conditions encadrées, des personnes condamnées à des travaux d’intérêts généraux (TIG), à des réparations pénales (RP) ou à des compositions pénales (TNR). Elle poursuit également son travail sur les violences familiales  (étude sur la mise en œuvre d’un dispositif innovant d’éloignement du conjoint violent du domicile familial) et juvénile (refonte en cours des règlements intérieurs des écoles pour lutter contre les incivilités et violences à l’école).

 

Une nécessaire coordination

« Malgré la mobilisation de l’ensemble des collectivités, malgré les nombreux dispositifs, malgré les moyens déployés, il reste un point crucial à améliorer, celui de la coordination » explique Philippe Michel, président de la province Sud.  C’est pourquoi la province Sud a profité de ce CPPD pour proposer un renforcement de la coordination CPPD/CLSPD  (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), la création d’un CTPD (Comité territorial de prévention de la délinquance) ainsi que la nomination de référents Etat / Nouvelle-Calédonie / province Sud.

Enfin, élément fort de coordination, la mise en œuvre d’une veille éducative qui sera le socle de l’intervention conjointe des partenaires au sein d’un Réseau d’observation, d’Alerte et d’Accompagnement Educatif de certaines situations repérées faisant l’objet d’une prise en charge partenariale.

 

Le plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance 2017/2019 doit être présenté au Congrès en mars. S’en suivra un CPPD qui actera les nouvelles mesures proposés ainsi que le nouveau mode de pilotage.

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