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Tortues marines : une vie à haut(s) risque(s)


Ecrit le 20 décembre 2016 par la province Sud
De la naissance à l’âge adulte, la vie des tortues marines est parsemée d’embûches. Présentes sur terre depuis plus de 150 millions d’années, elles sont aujourd’hui sérieusement menacées d’extinction. Jacques Fretey, les connaît bien. L'herpétologue parcourt le monde depuis plus de 40 ans pour les défendre et les protéger. En mission en Nouvelle-Calédonie, il a donné une conférence vendredi 16 décembre dans l’auditorium pour dresser un état des lieux.

« La situation des tortues marines est dramatique dans le monde » lâche Jacques Fretey, en guise d’introduction. Elle va « de vulnérable à en danger critique ». D’après le scientifique, il n’est pas facile d’établir une comptabilité précise des populations car ces animaux migrateurs parcourent des milliers de kilomètres chaque année.

La Nouvelle-Calédonie peut s’enorgueillir d’abriter 4 des 7 espèces existantes. Notre région est l’un des plus gros sites de pontes pour les Tortues vertes (Chelonia mydas) et les grosses têtes (Caretta caretta). Si ces animaux ont réussi à traverser la préhistoire jusqu’à nous, ils doivent faire face aujourd’hui à de nombreuses menaces d’origines naturelles mais surtout anthropiques. Le constat est alarmant, « certaines espèces pourraient disparaître d’ici quelques dizaines d’années », avertit le scientifique.

Sur terre comme dans la mer

Aussi agiles dans l’eau que gauches sur terre à cause de leur poids et de leurs nageoires qui ralentissent leur déplacement, les  tortues marines doivent courir mille dangers pour pondre. Elles sont parfois confrontées à l’érosion qui détruit leur site de ponte. Une fois que l’émergence (éclosion) a lieu, les bébés tortues sont les proies de nombreux prédateurs naturels que sont les crabes, les poissons carnivores et les oiseaux. Quand ce n’est pas les chiens et les hommes eux-mêmes qui les tuent. Malgré les nombreux dangers « naturels », l’homme reste le seul véritable responsable de cette « disparition annoncée ». « On admet qu’une tortue sur 1 000 arrive à l’âge adulte, souligne Jacques Fretey. Parmi les désastres causés par l’homme, il y a les grands massacres de l’époque de la colonisation. Mais également le trafic et le commerce. Car tout peut être récupéré dans une tortue ! Elles sont victimes de la surpêche et peuvent être prises accidentellement dans les filets des pêcheurs.»

La pollution est le grand fléau avec les déchets domestiques et industriels. « Les tortues avalent du plastique qu’elles confondent avec des méduses. Ce qui obstrue leur système digestif et entraîne leur mort. Sans compter également le déversement du pétrole dans la mer qui leur est néfaste.» A cela, s'ajoute le fait que la plupart de sites de ponte sont dégradés par l’urbanisation et les activités humaines.

Eduquer pour sensibiliser

La sensibilisation reste encore l’un des meilleurs moyens de protéger les tortues marines. La province Sud a mis en place depuis le 1er décembre, le Turtle Watching, sur le site de la Roche Percée, avec le soutien de l’Aquarium des Lagons. Actuellement, en phase pilote, cette activité encouragera à terme l’écotourisme dans la région (lire l’article ici). L’objectif est de sensibiliser le public, en particulier les jeunes et de mettre en lumière les actions menées pour mieux connaître ces majestueux reptiles et les protéger.

 

 

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